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Pli selon pli

Dans ce poème, Stéphane MALLARME (1842-1898) évoque, à l’occasion d’un séjour à Bruges auprès de poètes belges qui l’ont invité, un brouillard qui se dissipe progressivement et dévoile peu à peu la pierre de la vieille cité de Bruges.

Remémoration d’amis belges

À des heures et sans que tel souffle l’émeuve
Toute la vétusté presque couleur encens
Comme furtive d’elle et visible je sens
Que se dévêt pli selon pli la pierre veuve
 
Flotte ou semble par soi n’apporter une preuve
Sinon d’épandre pour baume antique le temps
Nous immémoriaux quelques-uns si contents
Sur la soudaineté de notre amitié neuve
 
O très chers rencontrés en le jamais banal
Bruges multipliant l’aube au défunt canal
Avec la promenade éparse de maint cygne
 
Quand solennellement cette cité m’apprit
Lesquels entre ses fils un autre vol désigne
À prompte irradier ainsi qu’aile l’esprit.

Pli selon pli, portrait de Mallarmé de Pierre Boulez, pour voix de soprano et orchestre, d’après des poèmes de Stéphane Mallarmé est une composition marquante du XXème siècle. Sa composition a commencé en 1957 et a connu diverses versions et divers remaniements jusqu’en 1990.

Une première version complète (avec les cinq parties actuelles) a été créée, en 1960, à Cologne, sous la direction du compositeur. Une nouvelle version a été créée en 1962 au Festival de Donaueschingen, également sous la direction du compositeur.

Improvisation sur Mallarmé II – d’après le sonnet « Une dentelle s’abolit… »


Une dentelle s’abolit …

Une dentelle s’abolit
Dans le doute du Jeu suprême
A n’entrouvrir comme un blasphème
Qu’absence éternelle de lit.

Cet unanime blanc conflit
D’une guirlande avec la même,
Enfui contre la vitre blême
Flotte plus qu’il n’ensevelit.

Mais chez qui du rêve se dore
Tristement dort une mandore
Au creux néant musicien

Telle que vers quelque fenêtre
Selon nul ventre que le sien,
Filial on aurait pu naître.

 

Paul Klee (1879-1940) transpose dans la peinture des notions propres au langage musical : la polyphonie par le travail de la transparence, notamment à l’aquarelle, l’harmonie par les effets conjugués de couleurs mates posées en damiers souples et aérées, le rythme, enfin, par la scansion régulière de la surface picturale animée par le motif. Pierre Boulez exprime toute son admiration pour Klee et sa démarche dans son ouvrage « Le pays fertile: Paul Klee », Gallimard, 1989.

Paul Klee, Blanc polyphoniquement serti (1930)

 

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