Saint-Lambert

Lors de mon cours d’Histoire de la musique à l’U3A, j’évoquais hier la musique baroque dans les Provinces Unies, dans les Pays-Bas du Sud et dans la Principauté de Liège, l’occasion de redire un mot de quelques musiciens largement oubliés par l’Histoire… et par le cd ! Daniel Daniélis (1635-1696), dont Musique en Wallonie et Alpha ont honoré l’œuvre de précieux enregistrements, Henry Du Mont (1610-1684), même si le gros de sa prestigieuse carrière s’est fait à Paris, ou encore, plus tardivement, Jean-Noël Hamal (1709-1778), dont la discographie est désormais inexistante, mériteraient plus d’attention. Liège fut en effet, à toutes les époques de son histoire, un centre artistique et musical de la première importance, le liégeois, souvent trop modeste, ne le sait pas et ne le dit pas assez!

Mais c’était aussi l’occasion de revenir sur l’extraordinaire prestige qu’avait alors la Cathédrale Saint-Lambert et la ville de Liège, siège des prestigieux Princes-Évêques. l’édifice religieux avait été le vaisseau le plus vaste du Moyen-âge avec son double-Chœur et ses plus de 4000 places ! Sa destruction est relatée sur la notice Wikipédia qui illustre son histoire, la voici :

 

File:Liège-palais-st-lambert.jpg

La Cathédrale de Liège au XVIIIème siècle

« Pour comprendre le sens d’un évènement rare comme la destruction d’une cathédrale, il faut se replacer dans le contexte historique bien particulier qui est celui de la Révolution liégeoise de 1789 et sa rencontre inévitable avec la Révolution française et son expansion. Depuis 1684, la dégradation des rapports entre les évêques et les Liégeois est plus nette, dans la mesure où le règlement de Maximilien de Bavière modifie le système électoral liégeois renforçant son pouvoir et diminuant celui des laïcs. En somme, c’était s’attaquer à la sacro-sainte Paix de Fexhe, considérée comme la première grande charte constitutionnelle liégeoise. C’était là, l’ébauche d’une démocratie représentative, qui était à l’époque quasi unique en Europe, conférant à la cité mosane un statut particulier aux temps modernes.

File:Eglise-liege-stlambert-leloup-1735.jpg

 Gravure de la Cathédrale Saint-Lambert vers 1735 par Remacle Le-Loup

En 1794, sous le régime français, au lendemain de la révolution liégeoise, on entame la démolition du monument, décidée l’année précédente. Les révolutionnaires liégeois la considèrent comme le symbole du pouvoir du prince-évêque. On s’en prend d’abord aux plombs de la toiture, afin d’en faire des armes et des munitions, ainsi qu’à la charpente. On nomme en outre une « Commission destructive de la cathédrale ». La démolition de la grande tour est mise en adjudication en 1795. En 1803, on abat les tours occidentales. Le terrain est définitivement nivelé en 1827, à l’exception d’un pan de muraille de l’ancien passage entre le palais et la cathédrale, qui est encore debout en 1929.

Il fallut donc près de 15 ans pour évacuer les ruines. Sur ce qui devint la place impériale, on songea à élever un monument à la gloire de Napoléon. L’énervement et le défoulement passé, il faut se résoudre à retrouver une cathédrale pour la ville et on choisit la collégiale Saint-Paul, la plus au centre de la ville. On la modernise sensiblement et on y transfère les trésors sauvés. Ceux-ci peuvent être visités aujourd’hui, dans le cloître de la cathédrale ; des pièces exceptionnelles d’après les spécialistes : orfèvreries, ivoires, manuscrits, sculptures et reliquaires… »

Ce document YouTube, réalisé par la RTBF, permet de réaliser une visite virtuelle de la Cathédrale Saint-Lambert (merci à Madame Cécile Voisin pour le lien)… un magnifique voyage dans le passé qui nous fait assurément regretter la disparition d’un tel monument au cœur de notre belle Cité ardente. Bonne visite !