Rions un peu…!

 

 

Sourions un peu en cette fin d’année! Et le métier de musicien n’échappe pas à l’humour décapant des blagues spécialisées qui circulent dans tous les milieux professionnels. Ainsi, en fréquentant les musiciens d’orchestre, on apprend beaucoup sur un métier particulier et rempli de mystères pour le public. Mais une des premières constatations, c’est que le musicien aime bien rire de lui-même ou…de ses collègues.

 


 

orchestre02


 

Voici, en guise de divertissement quelques blagues amusantes qui permettent de relativiser le côté sérieux de la musique dite classique.

 

Les chefs d’orchestre d’abord :

« Furtwängler et Toscanini discutent :

          Je suis le meilleur chef d’orchestre du monde, dit Toscanini.

          Impossible, répond Furtwängler, je reçois ma musique directement de Dieu !

Sur ce, arrive Karajan :

          On parle de moi ? »


 

karajan


 

Les trombonistes jouent souvent bien fort. Un chef invité arrive le lundi matin à la première répétition, salue l’orchestre et lève la main pour indiquer qu’ils vont commencer. Dans le silence général, il baisse la main et dit : « Moins fort les trombones ! »

 

Une variante de celle-ci : Le même chef d’orchestre interrompt la répétition pour faire la même remarque au trombone. Ses collègues trompettistes font remarquer que le tromboniste est absent. Le chef répond alors : « Vous le lui direz quand il reviendra ! »


 

Trombones


 

Un nouveau chef d’orchestre débarque dans une petite ville de province :

          Vous n’êtes que des incapables, des musiciens ratés ! Heureusement que moi, j’ai l’oreille musicale, cela compensera peut-être… !

Il en résulte un brouhaha dans les rangs de l’orchestre et pour se faire entendre, le percussionniste fait claquer ses cymbales.

          Qui a fait cela ? hurle le chef d’orchestre.

 

C’est un flûtiste qui à chaque répétition doit s’interrompre pour tourner la page de sa partition. Il engage donc quelqu’un pour la tourner. Le soir du concert, le moment fatidique arrive et l’assistant tourne la page comme prévu. Cependant, le flûtiste s’arrête et dit :

          Merci !


 

Flûte


 

Un très médiocre pianiste explique à un journaliste :

          Dans notre langage de musiciens, nous appelons une fausse note un pain

L’autre répond :

          Vous devriez songer à ouvrir une boulangerie !


 

Pianiste humour


 

Une petite fille rentre à la maison et son père lui dit que si elle apprend bien son alto, il lui donnera 10 euros. Alors elle répond :

          Le voisin m’a déjà donné 20 euros pour que je ne joue pas aujourd’hui !

 

Et toujours sur les altistes, une question pour les connaisseurs :

Question : Comment définit-on la seconde mineure ?

Réponse : Avec deux altistes solos à l’unisson…

 

« Hep les gars, vous avez vu Monteverdi ?

          Non, on n’a vu monter personne ! »

 

Question : Où habite un musicien ?

Réponse : Dans son domicile adoré avec un sol facile à cirer (do mi si la do ré/ sol fa si la si ré).

 

Et pour finir, une histoire de basson.

 

Un jeune bassoniste très prometteur devient soliste d’un grand orchestre. Il se fait un nom en interprétant de façon merveilleuse la partie soliste d’une symphonie mettant particulièrement en valeur son instrument, toujours la même. Il en va ainsi pendant de longues années.

 

Sur la partition, il y a une annotation étrange à la mesure 154 « baisser la tête ». Il ne cherche pas à comprendre le pourquoi du comment, et baisse la tête chaque fois tout au long de sa carrière.

 

Puis, un jour, il décide de prendre sa retraite. Il donne un dernier concert avec l’orchestre dans lequel il a toujours joué, l’œuvre centrale étant, évidemment, la symphonie en question. Et comme c’est la dernière fois, il décide de ne pas suivre tout à fait la partition : cette fois, il ne baissera pas la tête.

 

Le soir du concert, le public est nombreux et tout se passe à merveille jusqu’à la fameuse mesure 154. Là, fier et droit au beau milieu de l’orchestre, le bassoniste tient fermement son engagement, il ne baisse pas la tête…

 

… et Pan !

 

Il se prend un grand coup de coulisse de trombone sur la tête !


Orchestre

 

Bonne année 2015 à tous!

Un avis sur “Rions un peu…!

  1. QU’EST-CE QU’UNE SYMPHONIE ?
    On me demande souvent : « Tiens, Oncle Raph, toi qui aimes bien la musique classique, c’est quoi finalement la différence entre une symphonie et un autre morceau classique avec des violons et tout ça » ? Bon, on ne me le demande pas si souvent, en fait, j’aimerais beaucoup qu’on me pose enfin la question, mais je vais y répondre tout de même.
    Une Symphonie est une pièce orchestrale qui doit répondre à certaines règles, contrairement à d’autres pièces instrumentales. Le mot vient du grec ςυν qui veut dire avec et du grec φωνη qui veut dire son. Donc un son qui va bien avec. Qui va bien ensemble, quoi. Vous me direz que ça ne veut donc pas dire que ce son doit être purement instrumental, mais vous n’allez pas commencer à chicaner sur des détails, j’espère.
    Bon. Donc, la Symphonie, pour pouvoir être appelée correctement Symphonie, doit répondre à un critère somme toute assez simple et indiscutable. C’est un inconnu qui en a jeté les bases et c’est Joseph Haydn qui en a récolté les fruits puisque c’est ce dernier qu’on appelle maintenant le « Père de la Symphonie », ce qui est tout de même plus humain que « Petit Père des peuples », par exemple, mais je m’égare.
    Quel est ce critère ? Une Symphonie doit être une pièce orchestrale divisée en quatre mouvements, ni plus ni moins. Le premier doit s’appeler allegro, le deuxième andante, le suivant menuet ou scherzo, c’est comme on veut, et le dernier finale. On peut rajouter ici ou là des molto ou ma non troppo, ça fait toujours son petit effet. Il est également recommandé au compositeur de numéroter ses symphonies pour qu’on s’y retrouve. Voilà. C’est simple. Bref et concis. Merci de votre attention.
    Ah, mais j’entends une remarque dans le fond de la classe. Oui ? Ha ha, je m’attendais à cette objection ! Eh bien oui, il y a peut-être ça et là l’une ou l’autre exception qui confirme la règle, héhéhé : la fameuse Neuvième de Beethoven qui est chantée à la fin. Remarque pertinente. Disons que Beethoven était un grand maître et qu’il faisait ce qu’il veut. Point barre. Voilà. À la prochaine fois.
    On demande encore la parole ? Oui ? Ah, Mahler ! Oui… Oui… C’est vrai que sa Troisième est chantée aussi et qu’elle comporte plein de mouvements. « Il y a trop de mouvements », comme dirait l’empereur dans Amadeus, hihihi. Et sa Huitième n’en a que deux ? Hum. Oui. Mais, bon, c’est une symphonie quand même, quoi. Ah, encore une remarque ? Oui ? La mer de Debussy est considérée par certains come une symphonie parce qu’elle en a globalement la forme ? On veut faire le malin, c’est ça ? Ecoute-moi bien, si Debussy avait voulu que ce soit une symphonie, il aurait mis Symphonie « La Mer » ou Symphonie n°1 ou un truc comme ça, d’accord ? Alors, La mer c’est La mer et on ne discute plus, compris ? Pardon ? On ne dirait pas Symphonie n°1 s’il n’y en a qu’une, mais Symphonie tout court comme pour César Franck ? Je vois, on veut briller auprès de sa petite voisine. Tu me copieras la partition de la Symphonie de Franck pour la fois prochaine. Bon, cette fois, le cours est vraiment term… quoi ? La Symphonie de Webern ne compterait pas parce qu’elle n’est pas vraiment symphonique ? Et pourquoi donc ? Ah, ça ne sonne pas bien ensemble. Et il n’y a pas assez de musiciens ? Et… ah, on me parle maintenant de la Symphonie pour un homme seul où il n’y a même pas d’instruments ? Bon, écoutez les gars, et les filles, on oublie tout ça et on termine par une anecdote, ça va ?
    Ah, je vois vos yeux briller. Vous aimez bien les anecdotes ! Eh bien, je vais vous parler de la malédiction du nombre Neuf. Eh oui, certains nombres sont réputés maudits. Le 13 pour les superstitieux, le 666 pour les âmes faibles, le 3,14159etcetera pour les cancres, et le 9 pour les musiciens classiques.
    Certains se sont dit qu’ils ne pourraient jamais écrire de Neuvième Symphonie. Attention, je parle de ceux qui sont venus après Beethoven, hein. Haydn n’a pas ressenti de stress particulier en écrivant sa Neuvième et Mozart se foutait du numéro de sa Neuvième comme de sa première perruque. Mais après ? Ah… Schubert s’est arrêté à neuf avec sa Symphonie inachevée, même si pour des raisons étranges son inachevée porte le numéro Huit. NON, on ne me demande pas comment est-ce que ça se fait ! Brahms et Schumann se sont arrêtés à Quatre, et je n’ai jamais su s’ils s’étaient concertés. Bruckner est mort pendant qu’il travaillait à sa monumentale Neuvième. Mahler est mort peu après sa propre Neuvième, elle aussi considérée comme un chef d’œuvre.
    Beethoven, Bruckner, Mahler : trop de grandes Neuvièmes, ça fait peur. Le compositeur belge Aldebert van Flierenbol a voulu passer de la Huitième à la Dixième pour éviter le piège mais son subterfuge a été découvert par un agent du F.I.C.C. (Fédération Intercommunale des Compositeurs Classiques) et il a eu de gros ennuis. Il a fini sa vie comme patron de baraque à frites à Vlierenbeek-over-Kabstock. En Finlande, le célèbre compositeur Okko Kaarabistooï s’est reconverti en courtier en assurances peu après sa Huitième. Plus courageux fut le compositeur russe Dimitri Chostakovitch. Ses Septième et Huitième sonnaient déjà comme des Neuvièmes, alors pour changer un peu il décida que sa Neuvième sonnerait riquiqui, déclenchant la grande ire de Staline et de grands rires chez Leonard Bernstein. Merci à Chosta en tout cas, il a désacralisé le mythe de la neuvième, plus personne n’en a peur. Mais plus personne n’en compose non plus, maintenant que j’y pense…

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