Bouffon au luth

Poète prends ton luth et me donne un baiser!
La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore,
Le printemps naît ce soir, les vents vont s’embraser;
Et la bergeronnette, en attendant l’aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète prends ton luth, et me donne un baiser!

Poète, prends ton luth ; le vin de la jeunesse
Fermente cette nuit dans les veines de Dieu.
Mon sein est inquiet ; la volupté l’oppresse,
Et les vents altérés m’ont mis la lèvre en feu.

Ô paresseux enfant ! regarde, je suis belle.
Notre premier baiser, ne t’en souviens-tu pas,
Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile,
Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras ?

Ah ! je t’ai consolé d’une amère souffrance !
Hélas ! bien jeune encor, tu te mourais d’amour.
Console-moi ce soir, je me meurs d’espérance ;
J’ai besoin de prier pour vivre jusqu’au jour.

Alfred de MUSSET (1810-1857)

 

HALS Frans (Anvers, vers 1581-1585 ; Haarlem, 1666), Hollande, LE BOUFFON AU LUTH, 1626 avant, huile sur toile, 70 x 62 cm.jpg

Frans Hals (1580-1666) Bouffon au luth, v.1623-1624, huile sur toile, 70 x 62 cm (musée du Louvre, Paris).

 

 


 

Pièce pour luth d’un maître hollandais (XVIème siècle)

Un avis sur “Bouffon au luth

  1. J’ai été très impressionné, je dois dire. J’ai vraiment rarement rencontré un blog, à la fois éducative et divertissante, permettez-moi de vous dire, vous frappez le point. Votre idée est proéminente; question n’est pas de ce que les gens intelligents dire. Je suis heureux que je suis ici par hasard sur cette chose dans ma recherche.

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