Ordinateur

Pierre Boulez, qui est plus souvent pince-sans-rire qu’on ne le croit généralement déclara un jour à une conférence : “Si l’on programme un ordinateur pour qu’il joue des notes aléatoirement, il y a un risque non nul pour qu’il joue la neuvième symphonie de Beethoven d’ici quelques milliards d’années”.

Un auditeur rétorqua avec beaucoup d’appoint et de malice : “Si l’on programme un ordinateur pour qu’il joue des notes aléatoirement, il jouera du Boulez toutes les cinq minutes ! ».

 

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2 commentaires sur “Ordinateur

  1. Bonjour Franz,
    Toujours une lecture vigilante! Mais je crois qu’il s’agissait là, de la part de Boulez, comme de l’auditeur, d’une image « humoristique » qui ne prétendait pas à énoncer des lois scientifiques. Même Boulez peut recourir parfois à des images…
    Il reste, comme tu le dis, que la réplique est amusante et brillante à la fois.
    Cordialement.

  2. Oui, mais non…
    La réplique de l’auditeur est délectable, et j’aimerais savoir ce que Boulez a répondu…
    Mais la déclaration de Boulez appelle quelques commentaires.
    Je crois me rappeler que c’est Einstein qui a évoqué le premier ce singe assis devant une machine à écrire et qui pourrait, théoriquement, à l’aune de l’éternité du temps, taper le texte de la Bible. Je n’en suis pas sûr, et on ne prête qu’aux riches.
    Boulez transpose, en musicien, et choisit de remplacer le singe par un ordinateur et la Bible par la IXe de Beethoven, mais n’a pas plus raison qu’Einstein.
    L’un et l’autre ont d’abord oublié un petit détail philosophique : le temps est fini, a une fin. Eh, c’est que s’il n’en a pas, il est l’éternité, et donc n’est plus le temps.
    Ni le singe, ni l’ordinateur ne peuvent donc passer l’éternité à écrire. (En outre, aucun singe ne peut vivre assez longtemps, et aucun ordinateur non plus, comme nous le savons tous les quatre ans).
    Mais ce qui semble n’avoir pas non plus frappé ni Einstein ni Boulez, c’est que l’éternité, fût-elle utilisable par un agent (singe ou ordinateur), ne suffirait pas à écrire aléatoirement le texte de la Bible ou la partition de la IXe. Ou même les Variations Golberg. Parce que, justement, la probabilité en est nulle, même à l’aune de l’éternité. Il est fort amusant d’ailleurs de lire que Boulez parle de « risque non nul de jouer la IXe » et non de « probabilité ». Quelqu’un m’explique le risque ?
    Un cours de proba de 1ère candi Math’, si ça existe encore, est sans doute ce qui a manqué à ces deux poids lourds (si le premier est bien l’auteur de l’histoire du singe).
    Amusante anecdote, brillante réplique de l’auditeur. J’avais envie d’aller un peu plus loin.
    Cordialement,
    F

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