On a tous dans la tête les images de notre enfance. La mienne, elle s’est déroulée à Hollogne-aux-Pierres, une petite commune devenue Grâce-Hollogne avec la fusion des communes belges en 1970 et tristement célèbre depuis la mort tragique de deux de ses enfants… Julie et Mélissa. La population de cette grande commune de l’agglomération liégeoise est désormais d’à peu près 22 000 habitants. Nous sommes donc des Gracieux-Hollognois, …si, si! C’est ainsi qu’on nous nomme même si la grâce n’est pas à appliquer à tous… d’ailleurs moi, je ne revendique que le nom de Hollognois! … une histoire de vieilles rivalités… Je crois me souvenir que lorsque j’étais à l’école primaire, juste après la dite fusion des communes, nous avions appris que Grâce-Hollogne comptait 10 000 habitants… Cela a bien changé… Je ne crois pas si bien dire… !
J’ai quitté cette localité lorsque je me suis installé à Liège et mes parents y ont encore habité plusieurs années avant de quitter une trop grande maison et de s’installer ailleurs. C’est dire que depuis plus de dix ans, je ne retournais presque plus jamais à Hollogne. Mais voilà que suite au décès de mon dernier oncle hollognois, j’y suis revenu. Exactement dans mon quartier, à deux pas de notre maison familiale, sur la Place de l’Église. Si, de prime abord rien ne semblait avoir vraiment changé, les maisons, l’arbre au milieu de la place semblaient figées dans le temps, il a suffit de tourner les yeux vers l’église Saint-Pierre, celle que nous avions fréquenté et qui faisait partie de notre paysage quotidien pour mesurer la catastrophique détérioration du bâtiment… désormais vraiment délabré… et d’ailleurs interdit depuis des années aux fidèles et aux visiteurs. Mes parents m’en avaient parlé. Les offices religieux se déroulent depuis bien longtemps dans une petite chapelle à proximité, mais personne n’entre plus dans l’église… à l’exception de pilleurs qui, dit-on, ont emporté le maigre butin artistique qui s’y trouvait (en fort mauvais état, d’ailleurs).
Honnêtement, cela m’a fait mal de voir cet édifice laissé à l’abandon. Je me souviens de nombreux moments passés aux alentours et dans l’église… la foire foraine qui s’installait tous les mois de mai, pour une semaine de fête et d’amusements divers, les premières histoires d’amour, un souterrain interdit où nous allions quand même jouer, l’orgue de l’église que j’allais « faire sonner » (n’étant pas du tout organiste) clandestinement quand l’église restait ouverte, les farces que nous faisions pendant l’office, les messes de minuit à Noël et les offices divers pendant l’année et, peut-être plus amusant pour ceux qui me connaissent bien, mes expériences d’enfant de chœur… !
Alors voir cette église transpercée de véritables arbres qui ont poussé dans ses murs, la saleté de la façade, de ses abords… et même la tour du XIIème siècle témoignant d’un passé roman, pourtant classée… quelle tristesse ! Oh, l’édifice n’a guère de valeur artistique. Elle est une grande église témoignant de l’essor de la commune à la fin du XIXème siècle, au moment où toute la région prospérait grâce à l’industrialisation, mais quand même. Les autorités devraient assurer un minimum de conservation.
Quel contraste avec le beau dessin au crayon que Jacqueline Razier, ma maman, en avait fait il y a quelques années…!
La place en question fut le lieu d’un cimetière mérovingien comme on en a retrouvé énormément dans la région. Et d’après les sources archéologiques, la tour romane représente les derniers vestiges de la première église. On sait que plus tard une construction gothique a du exister. On en a retrouvé quelques traces lors de la dernière restauration. Ils avaient été conservés au presbytère… j’ignore ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Aucune iconographie ne nous est parvenue sur cette église gothique.
Par contre, l’édifice du XIXème siècle était très étrange. Un édifice en briques accolé à la vieille tout en pierres, un plan en croix latine mal équilibré… une curiosité et une image rare. Le petit édifice, disparu aujourd’hui, surmonté d’une croix situé à l’avant était le mausolée du château.
L’église avant 1895.
Le Château de Hollogne, situé à quelques centaines de mètres de la Place e l’Église. Il est aujourd’hui un centre récréatif de vacances.
Le développement de la population à la période industrielle a décidé les autorités à doubler sa capacité. On peut facilement comprendre l’ampleur des travaux. La girouette du clocheton à bulbe au-dessus de la croisée des nefs porte l’année de l’inauguration des cette restauration : 1895.
Comme dans de nombreuses communes wallonnes, les Allemands s’emparèrent des cloches, c’était le 22 juin 1943. Il fallut attendre jusqu’en 1967 pour que les nouvelles soient bénies.
Sur la place, un tilleul nommé « Tilleul de la liberté » est comme une sentinelle qui veille sur la liberté des Hollognois. Le cimetière, qui occupait jadis une partie de la place a été déménagé. La place est divisée en deux parties séparées par une voie carrossable. La partie située du côté de l’église a été le lieu de nombreux jeux des enfants du quartier. La partie située de l’autre côté comporte un parterre qui est, lui aussi, laissé à l’abandon ou très peu entretenu. De belles maisons, très anciennes, constituaient la Justice de Paix (au milieu) et la Poste (à droite) au XIXème siècle. Mon oncle et ma marraine ont habité cette dernière pendant quelques années.
Les mêmes trois maisons aujourd’hui, vues de l’église.
Il est fort probable que je ne retournerai plus souvent à Hollogne… mais la triste image de cette église abandonnée, une part importante de ma vie, m’a laissé un goût amer. Car, quelles que soient nos convictions spirituelles, une église et ses abords sont là pour vivre, pour accueillir, pour être un refuge… et ses cloches doivent sonner les événements de la vie… ! Plus rien ! Une église avec une porte définitivement close, c’est tout un quartier qui est mort ou en sursis… et c’est l’échec d’une gouvernance… Comment peut-on avoir négligé depuis plus de trente ans le patrimoine de la commune ? Un quartier dénaturé, triste désormais, voilà l’image qu’il me reste de ce qui, jadis, m’était si cher… dommage !

e suis native de Hollogne,mais depuis 1957 je demeure a Montréal par hasard avec
l’ internet quelle magie ,j’ai cliqué;Eglise st Pierre a hollogne c était le jour de Noel
que de souvenirs a plusieurs reprises je suis retournée en Belgique et chaque fois
ma peine est de plus en plus grande,quel massacreles arbres poussant dans les
fenetres; la place encombrée de gros contenant a déchets,et que dire de notre belle
petite ecole
comment a t ont pu laisser faire cela,et c ,est triste a en pleuré
Bonjour Jean-Marc. Me voilà très émue en lisant ton commentaire sur ta vie à Hollogne aux Pierres. Quelle commune sympathique que j’ai vu mourir petit à petit.Le rire des enfants jouant sur la place, mais aussi les petites fredaines dans les souterrains.La beauté de certains paysages. L’église et toutes les routes vallonnées. Il fallait être sportif pour habiter Hollogne. Lorsque nous sommes arrivés en 1974, le jour des funérailles de Madame Maria ( institutrice maternelle) très appréciée par les gracieux Hollognois… que d’animations!!! Les cortèges , les courses, la foire et en si et en si peu de temps plus rien!!!
Merci, Jean-Marc, pour tout ce que j’ai appris en te lisant…Merci d’ouvrir les coeurs à la musique.Si la vie pouvait être une telle Harmonie…
Non pas encore. Pour le moment, on est à la phase de déclassement.
C’est dommage que le PS n’a pas la notion de conservation du patrimoine communal.
http://mabrocante.skynetblogs.be/archive/2011/09/11/hollogne.html
Est-ce que la démolition est déjà commencée?
Bonjour, j’habite Hollogne. Malheureusement, l’église est en ruine. La remise en état a plus ou moins le même coût que la démolition. La majorité socialiste (qui est au pouvoir depuis un siècle) a décidée de choisir la démolition plutôt que la restauration.
Bref c’est dommage! Hollogne perd son centre du village, son coeur.
Charles Beaujean
Quand j’étais enfant je faisais partie de la chorale … et tous les mardis je me rendais place de l’église, plus précisément chez monsieur le curé pour répéter les chants que nous chantions à la véillée de noêl à l’église Saint¨-Pierre… c’était magique… tous ces souvenirs me rendent tristes… et s’envolent avec la mort de cette église.
Quelle magie que le blog et internet qui nous permet de communiquer, de retrouver des souvenirs et des émotions intenses. Merci pour votre commentaire.
Je ne me souviens pas de Monsieur et Madame Bastin-Tousset, mais je demanderai à ma maman qui s’en souvient peut-être…
Un bonjour de Liège où la neige a envahit tout le paysage!
Bonjour
Triste journée pluvieuse et morose ici à Florence… Occasion pour les vieux, les trés vieux souvenirs de refaire surface . Mes parents, originaires comme moi de Verdun en France avaient des amis en Belgique habitant à Hollogne aux Pierres : Mr et Mme Bastin-Tousset….Quelqu’un se rappelle t’ il d’ eux ?
De cette époque il ne me reste qu’une vieille carte postale représentant l’ église de cette petite ville ( où je ne suis jamais allé.. )
Bonne soirée de Toscane
bonjour Onkelinx Jean-marc je vient de vous lire et replonger dans tant de souvenir merci beaucoup vous m avez beaucoup toucher
Bonsoir Maman,
J’ai été moi-même très ému en écrivant ce texte… et en lisant votre commentaire à toi et à papa… merci!
Bises.
Bonjour Jean-Marc,
Nous venons de lire ton blog. Nous sommes très émus!!
Bisous