« Charles Gounod avait été invité à dîner chez des relations dont la fille apprenait le chant sous la direction d’un professeur fameux, que seul l’intérêt poussait à initier son élève.
Au dessert, la demoiselle chanta le plus bel air de son répertoire. Le papa guettait les impressions du compositeur. Comme celui-ci, après la performance, ne disait mot, surpris, il lui demanda :
– Qu’est-ce que vous pensez, maître ? Son professeur dit qu’elle ira loin.
Alors, Gounod, flegmatique répondit :
– Ah, oui ?… Et quand part-elle ? »
Armand Isnard, Le Dictionnaire des anecdotes historiques, Paris, 1993, cité par Jean-Pierre Thiollet, Piano ma non solo, Paris, Anagrame, Paris, 2012, p. 140.
Portrait de Charles Gounod. Huile sur toile, 1891.
Carolus-Duran était un grand ami du compositeur Charles Gounod (1818-1893), qui lui donne le manuscrit de son oratorio St-François d’Assise qu’il venait d’achever, lorsque le peintre exécute en 1891, le portrait du compositeur.
Le fameux air des bijoux du Faust de Gounod… l’air de la Castafiore, le Rossignol milanais cher à Tintin…
Et le tout aussi fameux air de la Reine de la Nuit de la Flûte enchantée de Mozart… bien dans l’esprit de la citation de Gounod… par Florence Foster Jenkins… un autre et bien curieux rossignol… pour ceux qui ne la connaitraient pas encore…!
« Florence Foster Jenkins est une soprano américaine née le 19 juillet 1868 à Wilkes-Barre et morte le 26 novembre 1944 à New York. Elle est célèbre pour son manque de justesse, son faible sens du rythme et son incapacité totale à chanter correctement.
À la mort de son père en 1909, Jenkins hérite d’une fortune qui lui permet d’entamer la carrière de cantatrice que ses parents et son ex-mari avaient découragée. Elle s’implique dans la vie musicale de Philadelphie, en fondant et finançant le Club Verdi, prend des cours de chant et commence à donner des récitals en 1912.
Certains prétendent que les 32 ans de sa carrière de cantatrice sont un canular élaboré, ce qui semble en contradiction avec d’autres avis alléguant que sa mort, après le concert du Carnegie Hall, est le résultat de la dérision dont elle fut l’objet de la part des critiques. Quoi qu’il en soit, aucune de ces deux théories ne peut être prouvée. Tout indique que Florence Foster Jenkins est morte avec le sentiment de plénitude heureuse et confiante avec laquelle elle traversa sa vie d’artiste. » Wikipédia

F.Foster Jenkins : Incroyable potentiel nanardesque !
Quelle souffrance notamment dans les aigus de l’air de la reine de la nuit ! Et le pianiste qui fait preuve d’une solide abnégation…
Salut et bravo d’un blogger débutant 🙂
en guise de commentaire à cet excellent billet :
http://rousseaumusique.blog.com/2012/07/05/a-eviter-2/