Jaufré Rudel (v. 1113 à Blaye – v. 1170) est un troubadour aquitain de langue d’oc. Surnommé le prince de Blaye, ville dont il fut le seigneur, il prit part à la deuxième croisade (v. 1147-1149). Selon la légende, il aurait entendu parler de la princesse de Tripoli et en serait tombé amoureux. Au cours de la deuxième croisade, il serait mort dans ses bras.
La mort de Jaufré Rudel dans les bras de Hodierne de Jérusalem
Il écrivit des chansons d’amour où il chante « l’amour courtois », c’est-à-dire l’amour impossible et sans espoir, en célébrant peut-être la comtesse Hodierne de Tripoli, une dame bien née et inaccessible. Il semble qu’il soit effectivement tombé amoureux d’une dame établie en Orient et que, pour des raisons matérielles ou psychologiques, cet amour soit resté un amour de loin (« amor de lonh »).
Huit poèmes de Rudel ont survécu, dont quatre avec leur notation mélodique. En voici un:
Quan lo rius de la fontana
S’esclarzis si cum far sol
eE par les flors aiglentina
E’l rossinholetz el ram
Volf e refranh ez aplana
Son dous chantar e l’afina
Dreitz es qu’ieu lo mieu refranha.
(Quand l’eau de la fontaine coule claire et que la fleur d’églantine apparaît et que le rossignolet sur sa branche répète, module, adoucit son doux chant en l’affinant, mon droit est de moduler le mien).
Jaufré Rudel, troubadour du XIIème siècle.
L’histoire de Jaufré Rudel inspira la pièce d’Edmond Rostand La Princesse lointaine ainsi que l’opéra L’Amour de loin de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, sur un livret français d’Amin Maalouf.
Un poème du célèbre poète italien Giosué Carducci (1835-1907), Giaufredo Rudel est consacré à l’histoire d’amour du troubadour.

