Guillaume Tell

Étrange coïncidence… et hasard des agendas! Je donnais cet après-midi une conférence sur le superbe Guillaume Tell de Rossini pour un groupe de mélomanes qui feront, au mois d’août, le voyage de Pesaro pour écouter, dans le cadre du célèbre festival, entre autres, Juan Diego Florez dans le rôle d’Arnold (celui que les chanteurs nomment le « tombeau des ténors »). Et ce soir même je vais écouter le Guillaume Tell de Grétry à l’Opéra royal de Wallonie. Histoire de comparer? Non, absolument incomparables, ces deux œuvres sont forcément très différentes et sont écrites à 40 ans d’intervalle, dans d’autres circonstances politiques et opératiques, avec d’autres moyens et d’autres esthétiques. Il n’empêche que ces deux visions du héros de la libération de la Suisse témoignent bien de l’esprit de leur compositeur et de leur temps.

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Si l’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini figure au rang des œuvres les plus célèbres de la musique, je ne peux jamais m’empêcher, en entendant ses sublimes mélodies et ses riches harmonies de songer à Mickey chef d’orchestre et au fabuleux dessin animé produit par Walt Disney en 1935. L’arrangement, pour orchestre à vent est certes un raccourci de l’œuvre du maître, mais est réalisé avec un humour formidable. On raconte que Arturo Toscanini fut si amusé par le film lors d’une projection en salle de ce dessin animé (qui figure encore aujourd’hui parmi les plus populaires du monde) courut dans la cabine du machiniste pour lui demander de le passer immédiatement une nouvelle fois. Alors, nous non plus, ne boudons pas notre plaisir et tant qu’à consacrer une journée entière à Guillaume Tell, entre Grétry, Schiller et Rossini, un peu de Walt Disney ne fera aucun tort!