En étudiant le Chevalier à la rose de Richard Strauss, je prends toute la mesure de cette réflexion sur le temps… Non ! Der Rosenkavalier est loin d’être une simple comédie burlesque…, c’est un rêve dont le temps est l’acteur principal… sentiment de l’éphémère, nostalgie profonde du monde…
Le temps ne change rien aux choses.
Le temps, c’est une chose étrange.
Tant qu’on se laisse vivre, il ne signifie
Absolument rien du tout.
Le temps est subtil comme un poison.
Et puis, brusquement,
On ne sent plus que lui.
Il est tout autour de nous. Il est même en nous.
Il ruisselle sur nos visages,
Il ruisselle sur le miroir,
Même entre nous son onde coule encore.
Il coule encore sans bruit, comme un sablier.
Oh Quinquin ! Parfois je l’entends
Qui coule irrémédiablement.
Parfois je me lève au milieu de la nuit
Et j’arrête toutes les pendules, toutes !
Pourtant, il ne faut pas le craindre ainsi,
Le temps est comme nous,
Une œuvre de ce Seigneur qui nous a créés.
La Maréchale, Der Rosenkavalier, fin de l’Acte 1
Texte de Hugo von Hofmannstahl.

En écoutant le premier acte,pris sous le charme de la musique,le temps n’existait plus.Ma femme qui craint le temps qui passe comme la maréchale devrait écouter cette musique même si nous savons que le temps passé ne se rattrape pas mais peut être sublimé.