Que d’émotions… que de joies musicales, de convivialité et de rencontres profondément humaines, lors de notre modeste festival de début d’été! Impossible de vous détailler toutes les formidables sensations ressenties lors des neuf concerts de notre fin d’année musicale à l’U3A. Il y aurait tant à dire car tous les artistes qui avaient accepté de nous rejoindre pour cette pour cette douzième éditions de nos Voyages d’été ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour ravir nos cœurs. Seul petit bémol, la légère baisse de fréquentation en comparaison aux années précédentes… Il faut dire que les trois jours de beau temps depuis des lustres sont tombés juste lors de nos concerts, mais, sans doute, d’autres raisons interviennent également… Au regard de l’immense talent de nos jeunes musiciens et de l’énergie mise en œuvre pour cette organisation je ne peux qu’éprouver une certaine déception et surtout un peu d’incompréhension.

Avant de dire un petit mot des concerts, je veux remercier très chaleureusement tous ceux qui ont, de près ou de loin, contribué à la réalisation de nos Voyages 2024. D’abord, tous les artistes et les bénévoles qui se sont donnés sans compter au bar, aux entrées de la salle, à la vente des tickets, à la régie, Pierre-Marie Féroumont (éclairage et organisation de la scène) et à notre photographe, Jean Cadet. Sans eux, rien n’aurait pu se réaliser! Merci aussi à nos mélomanes et auditeurs qui nous ont fait confiance et qui ont, je crois, vécu des moments inoubliables tant lors des concerts que des « troisième mi-temps«
Vendredi 16H, la superbe exposition des peintures d’Anne-Marie Pleyers constituait la première émotion du festival. Que de fraicheur dans ses oeuvres, que de beauté et de paysages sublimés… ces magnifiques tableaux allaient nous accompagner heureusement durant tout le festival. Mais, ce fut le moment fort de ce vernissage, lorsque Roxane Jordana, une jeune flûtiste que j’avais conviée à donner une touche musicale à ce sympathique et convivial moment, illumina la cafétéria de l’U3A de ses sonorités envoûtantes. Elle avait décidé de nous offrir Syrinx, la seule pièce pour flûte seule de Claude Debussy. Après quelques mots introductifs, Roxane a séduit les amateurs de musique et de peinture. Son interprétation, pleine de justesse et de sincérité nous a emporté… c’était de bonne augure pour le début des grands concerts.

Roxane Jordana. Toutes les photographies sont de Jean Cadet.
Vendredi 17H, Eve Willems et ses accordéons ouvre les festivités avec un programme très éclectique… un voyage dans le temps, la géographie et les styles. Usant de ses talents protéiformes, elle joue merveilleusement de l’accordéon, elle souffle avec délicatement dans son accordina et elle chante avec beaucoup de douceur… un ravissement… un auditoire séduit!


Vendredi 19H: Leonor Swyngedouw et Konstantina Vidalaki prennent possession de la scène et nous font voyager au coeur des musiques folkloriques revisitées par les plus grands compositeurs. Il y est question de Bloch, de Schumann, de Fauré, de de Falla, de Bartók… et de mélodies traditionnelles grecques, Konstantina est crétoise, et une inattendue et merveilleuse transcription de la chanson populaire de Wallonie, Leyîz m’ plorer, arrangée par Thomas Defrecheux (1825-1874) et immédiatement reconnue par une part du public… j’en ai même entendu quelques-uns la muser…

Le Duo Alkyone

Leonor Swyngedouw

Konstantina Vidalaki
Samedi 15H: J’avais l’honneur, une fois de plus, de commenter le concert de la formidable pianiste et amie, Maud Renier. Un Festival d’été à l’U3A ne serait pas le même sans un concert de Maud! Nous avions décidé, cette année, de proposer une voyage dans l’Histoire… celle du piano. Entre Frescobaldi, l’organiste et claveciniste et Prokofiev, nous voyagions entre les époques avec des oeuvres plus ou moins connues de Bach, Mozart, Beethoven, Chopin, Debussy,… un moment de pur bonheur pour moi… et, je l’espère pour Maud et les mélomanes…!


Maud Renier

Samedi 17H: Après la corde frappée… venait le voyage des cordes pincées des deux Nathan! Le Nathan Guitar Duo, avec Nathan Andrien et Nathan Nepper (je sais, cela fait beaucoup de Nathan), nous proposaient un fabuleux voyage dans les oeuvres pour guitare transcrites ou non, mais d’une exceptionnelle qualité. Franck, Chopin et Debussy aux guitares… et oui, c’est possible et c’est sublime! Le tout complété de merveilles espagnoles… elles aussi, des transcriptions et arrangements car les grands compositeurs espagnols ont peu écrit pour la guitare… alors que toujours ils l’imitent à l’orchestre ou au piano! En tant que guitariste… j’apprécie, j’adore… je me souviens! … Nostalgie…

Nathan Guitar Duo

Nathan Andrien

Nathan Nepper
Samedi 19H: On les attendait, on les espérait, on se réjouissait! Depuis que Nora était partie travailler aux Émirats Arabes Unis, on se demandait comment les deux sœurs, Nora et Zora Novotná, formidable duo de piano à quatre mains ou à deux pianos, allaient parvenir à maintenir leur unité et leur complicité fraternelle dans la musique…! Questionnement totalement inutile! Elles sont plus fortes que jamais et nous ont offert un récital exceptionnel tant au niveau technique que musical! Maîtrise, musicalité inouïe, justesse stylistique extraordinaire… et sympathie irrésistible! Au programme, Schubert, Smetana, Dvorák et Ravel. Bravo Nora et Zora… et vivement la prochaine occasion de vous écouter!

Nora et Zora Novotná


Nos deux musiciennes et leurs parents venus spécialement de Prague pour écouter leurs filles. Un honneur pour nous de les accueillir!
Dimanche 15H: Le concert à ne pas rater… les mélodies enfouies que nous proposaient Aline Ferber et Gaëlle Cantaert. Un long projet, élaboré avec le plus grand des sérieux et beaucoup de passion. L’évocation des mélodies que Willi Weber avait secrètement conservées, enfouies à Theresienstadt où Ilse, son épouse était infirmière avant d’être déportée avec ses petits patients à Auschwitz pour y être exterminée… Quelle émotion! Quelle intensité dans le « voyage » proposé par nos deux musiciennes. Des larmes, beaucoup de larmes chez les mélomanes trop peu nombreux, hélas, pour une telle séance, pour une si essentielle prestation… Quelle voix que celle d’Aline Ferber qui sent au plus profond d’elle-même, dans le chant comme dans la parole, la tragédie de l’Humanité! Et quelle beauté, dans la simplicité que cette guitare intime et hyper sensible de Gaëlle Cantaert qui avait réalisé la plupart des arrangements! Toutes deux chantent l’Humanité souffrante avec conviction et détermination… elle nous font sentir qu’il ne faut plus jamais que se reproduisent de telles atrocités… Et au même moment, la France et le monde s’offrent à nouveau aux idées de l’extrême droite destructrice. J’espère, au fond de moi-même, que le peu de public présent à ce concert n’est pas le signe annonciateur d’un sombre présage!


Aline Ferber (mezzo) et Gaëlle Cantaert (guitare)

Dimanche 17H: Pour nous remettre de ces émotions extrêmes, Jing Han et Zhuojun Chen nous proposaient un grand récital! Pensez donc, l’immense Sonate de Guillaume Lekeu, celle de Claude Debussy et le terriblement virtuose Tzigane de Maurice Ravel. Et avec quel talent! Deux musiciennes époustouflantes… superlatives, hors catégorie, pour des musiques aussi ardues que déterminantes dans l’art du violon ! Un moment inoubliable! Un voyage fantastique!



Nos musiciennes avec Éric Mélon, professeur au Conservatoire royal de Liège dont Jing est l’assistante.
Dimanche 19H: Une fête de la musique… l’Ensemble Ruxe’el, des musiciens pleins de vie, de joies de faire de la musique ensemble… c’est communicatif. C’est joyeux, original, séduisant, bouleversant, ça bouge, c’est frais, c’est bon… c’est un formidable projet qui allie la tradition à la modernité. Une manière idéale d’entrer dans l’été et de clore les festivités… C’est tout de même bien là qu’on se rend compte que la musique est un partage, un élément essentiel dans notre vie… c’est là que la phrase célèbre de Nietzsche prend tout son sens… « Sans la musique, la vie serait une erreur« . Je cautionne, je partage… c’est toute ma vie! Merci de me le rappeler!

Le magnifique ensemble Ruxe’el avec Léa Nerhot (harpe), Juan Bolanos (Flûte),
Émilie Évrard (violon), Agathe Lust (alto) et Guillaume Machiels (violoncelle)


Une troisième mi-temps à la fin du Festival…
Moments de convivialité irremplaçables, moments symboliques où l’U3A offre sa scène aux jeunes talents de chez nous, émotions, talents, rencontre des générations… je pourrais écrire encore longtemps sur le sujet. Mais sans les aides, on ne peut rien alors pour clôturer cette saison 2023-24 de Musique à l’U3A, l’honneur revient à ceux qui se dévouent corps et âme à ce que se perpétuent ces moments inoubliables et irremplaçables. Merci, merci et… merci! Je vous donne rendez-vous la saison prochaine pour de nouvelles aventures musicales! Bonnes vacances à tous!

Marie-Paule, Liliane, Alex, Dominique

Dominique, Marie-Claire et Liliane

Anne-Marie et Odette