Cela fait plusieurs années que je participe régulièrement à la « tribune » discographique créée par Jean-Pierre Rousseau dans le cadre des séries « pédagogiques » de l’Orchestre philharmonique royal de Liège. La série « Écouter la musique » a donc pour but de partager avec quelques invités musiciens, journalistes et autres musicologues les impressions reçues à l’écoute de différentes versions triées sur le volet à l’avance par le modérateur, J-P Rousseau, discophile très averti, lui-même. La série recommence ce soir… un peu aménagée !
Et comme le but des séances est avant tout pédagogique et doit être accessible à tous, formulations techniques, vocabulaires spécialisés et les jargons ésotériques sont bannis. J’ai, ici et ailleurs, toujours défendu un langage simple qui, sans tomber dans la vulgarisation réductrice, permet à chacun de s’y retrouver et surtout de se décomplexer face à ce que certains voudraient encore considérer comme une chasse gardée. Comprendre la musique, apprendre à l’écouter, parvenir à saisir les différences entre plusieurs interprétations d’une même œuvre, c’est opérer un travail certes critique, mais dans le bon sens du terme, je m’explique brièvement :
Chaque interprète a sa manière de jouer la musique. C’est là la richesse exceptionnelle de cet art. La partition laisse souvent assez de marge pour que le tempo, l’articulation, la dynamique, les phrasés, les dosages des différentes voix, … et puis l’esprit, voire la philosophie mise en œuvre puissent refléter le ressenti d’un interprète face à une œuvre donnée. De là le constat qu’il y a autant d’interprétations d’une même pièce qu’il y a de musicien.
Et le mélomane dans tout cela ? C’est tout de même lui le destinataire des interprétations ! L’auditeur donc recevra spontanément une vision de l’œuvre. En fonction de sa capacité d’écoute, il saura apprécier le propos du musicien… ou pas ! Souvent, il a aimé et ne sait pas pourquoi (faut-il toujours le savoir ?) mais d’autres fois, il ne sera pas réceptif du tout et se détournera de l’œuvre en croyant qu’elle n’est pas pour lui ! Il n’en saura peut-être jamais les raisons…
La séance du jour consacrée à la 25ème symphonie de Mozart sera en rapport direct avec une des oeuvres emblématiques du célébrissime film de Milos Forman: Amadeus
Or, dans l’immense forêt de la discographie, il faut bien s’y retrouver… d’une manière ou d’une autre. L’idéal est d’obtenir soit la version qui correspond à ce que nous sommes, ce que nous vivons et ressentons, soit celle qui nous permettra de découvrir ce que nous sommes. Je crois profondément dans la faculté que possède la musique de nous révéler à nous-mêmes. Mais la forêt est vaste et le mieux, c’est d’avoir un guide (qui, d’ailleurs n’est pas infaillible). Ce fut là une large part de mon activité de disquaire… mais pas seulement ! Toute démarche pédagogique, dans le domaine des arts, doit avoir pour but l’enrichissement tant culturel qu’émotif de celui qui la reçoit. C’est un objectif que je me suis fixé de longue date…un sacerdoce ! Comme je le dis souvent, apprendre l’art, c’est trouver le dénominateur commun qui existe entre nous et l’œuvre. C’est donc un travail à faire sur soi-même.
C’est donc dans cet état d’esprit que Jean-Pierre Rousseau m’a demandé de prendre en charge pour la saison une introduction sur l’œuvre écoutée, de participer aux écoutes des diverses interprétations et de les commenter en dialogue avec lui-même et un invité… Vous comprendrez que j’ai accepté avec joie ce projet qui correspond parfaitement à ma vision musicale. Dans son rôle de modérateur, JPR donnera sans doute la parole aux auditeurs pour qu’ils puissent enrichir nos propos de leur ressenti et de leurs réflexions.
Questions pratiques pour finir, la séance de ce soir sera consacrée à la Symphonie n°25 de Mozart qui sera au programme de l’OPRL ce vendredi et un invité de marque, Nicolas Achten sera de la partie pour commenter les écoutes. Elle se déroulera à 18H30 au Foyer Eugène Ysaye de la Salle philharmonique et est ouverte gratuitement à tous et à toutes… Nous vous attendons nombreux !

