Les anecdotes ne manquent pas lorsqu’il s’agit de démonter la capacité exceptionnelle qu’avait Gioacchino Rossini de composer rapidement un opéra. Quand on sait que le célèbre Barbier de Séville a été composé en quelques jour seulement, on est reste stupéfait d’un tel sens inné de l’art lyrique, du bel canto et de l’agencement théâtral.
Gioacchino Rossini (1792-1868)
Stendhal qui nous a gratifié des premiers écrits pertinents sur le Maître de Pesaro dans sa Vie de Rossini, relate, dans son chapitre consacré à Tancredi l’anecdote suivante : « En Lombardie, tous les dîners, celui du plus grand seigneur comme celui du plus petit maestro, commencent invariablement par un plat de riz ; et comme on aime le riz fort peu cuit, quatre minutes avant de servir, le cuisinier fait toujours poser cette question importante : bisogna mettere i risi ? (Dois-je mettre le riz ?)
Marianna Pizzolato qui sera bientôt Isabella dans l’Italiana in Algeri à l’Opéra royal de Wallonie chante le fameux Air du riz « Di tanti palpiti » tiré de « Tancredi »
Comme Rossini rentrait chez lui désespéré, le cameriere (serveur) lui posa la question ordinaire ; on mit le riz au feu, et avant qu’il fût prêt Rossini avait fini l’air « Di tanti palpiti » (Autant de battements de cœur). Le nom d’aria dei risi (l’air du riz) rappelle qu’il a été fait en un instant.

