À 19H, c’était déjà le dernier concert de la première journée du Festival à l’U3A. Nous recevions un magnifique ensemble formé par Sandrine Mairesse (chant), pour la première fois sur notre scène, Primor Sluchin (harpe), bien connue des mélomanes de l’U3A et Maritsa Ney (violon) qui n’était plus venue nous ravir de ses sonorités magiques depuis trop longtemps.

Elles nous proposaient un programme très original, à géométrie variable, traitant des oiseaux dans la musique. Le titre du concert, « À tire-d’ailes », nous invitait à découvrir, à travers l’Histoire de la Musique et les esthétiques les plus diverses, un certain nombre de chansons, mélodies, lieder ou solos instrumentaux qui illustraient avec fascination les évocations ornithologiques dans la musique. Et c’est vrai que le chant des oiseaux, depuis la nuit des temps, fascine, intrigue, et a fini par envahir l’imaginaire humain. Entre un coucou qui mesure les heures de la nature, la tourterelle ou la colombe délivrant de doux mots d’amour attachés à sa patte ou, encore, le rossignol qui chante la nuit dans les bois pour accompagner les amoureux… les oiseaux jalonnent l’histoire de la musique de façon quasi permanente.

Voici ce merveilleux programme:
Félix Mendelssohn (1809-1847), Auf Flügeln des Gesanges
Reynaldo Hahn (1874-1947), L’Heure exquise (extrait des Chansons grises)
Paul Bernard (1827-1879), Ça fait peur aux oiseaux
Ernest Chausson (1855-1899), Le Colibri
Gabriel Fauré (1845-1924), Le Papillon et la Fleur
Gabriel Fauré (1845-1924), Clair de Lune
Louis-Claude Daquin (1694-1772), Le Coucou (harpe solo)
Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Rossignols amoureux (extrait d’Hippolyte et Aricie en trio)
Pauline Viardot (1821-1910)/Frédéric Chopin (1810-1849), L’Oiselet
Alban Berg (1885-1935), Die Nachtigall (extrait des Sieben frühe Lieder)
Franz Schubert (1797-1828), An die Nachtigall & Die Krähe (extrait de Winterreise)
Carlos Salzedo (1885-1961), Chanson dans la Nuit (harpe solo)
Alexander Alyabyev (1787-1851), Solovyey
Deborah Henson-Conant (née en 1953), The Nightingale
Eva Dell’Acqua (1856-1930), Villanelle, J’ai vu passer l’hirondelle.

La voix de Sandrine Mairesse est exceptionnelle, riche des émotions les plus diverses, d’une rare musicalité, déployant des inflexions bouleversantes. Primor Sluchin, en musicienne d’une rare finesse, accompagne tout cela avec esprit et déploie, dans ses solos, toute la subtilité dont la harpe est capable. Après tout, l’Instrument des anges, surnom affublé à la harpe, n’est pas usurpé lorsqu’il s’agit d’évoquer les ailes communes aux oiseaux et aux anges! Quant à Maritsa Ney, son jeu violonistique précis sensible et toujours dans le ton exact de ses collègues complète leurs morceaux et dialogue merveilleusement. Son pouvoir poétique répand sur la salle et ses auditeurs emportés, un climat vraiment unique.

Quelques mots sur nos musiciennes du jour:
Sandrine Mairesse est une soprano lyrique au timbre riche et expressif, reconnue pour sa maîtrise du répertoire français et son intérêt pour les œuvres contemporaines. Active tant dans le domaine du Lied que de l’opéra, Sandrine est régulièrement invitée en tant que soliste sur les grandes scènes européennes telles que La Monnaie, Opera Ballet Vlaanderen (Belgique), l’Ópera de Oviedo (Espagne) ou le Staatsoper Unter den Linden (Allemagne).Combinant sa carrière musicale avec un engagement activiste pour le climat, Sandrine tient particulièrement aux projets qui visent à amener la musique classique vers un public aussi large et diversifié que possible. Ainsi, elle a pris part aux initiatives telles que Muziek Jong voor Oud, qui organise des concerts dans les centres de soin et maisons de retraites, Lost & Found, un opéra créé et présenté dans différentes gares ou encore Opera Caramba! qui amène l’opéra vers les écoliers de l’éducation primaire. Sandrine est depuis 2024 active au sein du service éducatif de La Monnaie.


Primor Sluchin, formée à l’école française de la harpe par les plus grands noms de l’instrument, perpétue une tradition faite d’excellence, de virtuosité et de poésie. Inspirée, rigoureuse, explorant sans cesse de nouveaux domaines musicaux, elle donne à entendre une harpe précise, affirmée, pétillante.
Son engagement et son exigence lui valent d’être régulièrement sollicitée par des formations prestigieuses comme l’Orchestre National de Belgique, le Brussels Philharmonic, La Monnaie, l’Orchestre Philarmonique du Luxembourg, l’Orchestre Nuove Musiche, l’Orchestre National d’Ile de France et le Philharmonique de Radio France.


Maritsa Ney est une violoniste et créatrice belge passionnée par les passerelles entre musique, improvisation et conscience artistique.
Issue du Conservatoire Royal de Liège, elle développe un univers sensible mêlant musique classique, jazz, théâtre et expériences immersives.
À travers notamment le Listening Orchestra ( orchestre à cordes liégeois dont elle est à la créatrice ) et ses projets personnels, elle explore l’écoute, l’intuition et l’intelligence collective comme moteurs de création. »

