Un an, un bilan…

Vendredi, cela faisait un an jour pour jour que j’ai quitté la Fnac de Liège pour me lancer à fond dans mes activités pédagogiques et développer le métier de conférencier que je pratiquais déjà de manière « complémentaire ».

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Les lecteurs fidèles se souviennent sans doute mes billets douloureux, tristes… et assez désabusés qui parlaient de l’état du marché du disque et du cd. Depuis, force est de constater que les choses n’ont pas changé, bien au contraire ! De nombreux distributeurs sont tombés en faillite, des labels ont disparu, d’autres ont été repris de manière catastrophique. Si les nouveautés sortent encore, il y a peu de magasins désormais qui les exposent. Je suis, en effet, toujours interloqué par l’abondance de sorties discographiques que l’on signale dans les revues et sur les sites spécialisés et le peu d’impact que cela a sur les rayonnages des magasins.

La mode des gros coffrets, elle avait déjà largement commencé lorsque j’étais toujours dans le métier, s’est poursuivie… sans cohérence et s’il est évidemment bien intéressant de pouvoir acquérir des intégrales à bon prix, cela ne contribue pas, je crois, à amener de nouveaux mélomanes dans les magasins. Car celui qui débute une discographie n’a pas l’intention d’acheter tous les opéras de Verdi ou de Wagner, ni l’intégrale de Benjamin Britten, par exemple, à coup de quatre-vingt ou nonante euros ! Bien sûr les collections « économiques » existent, il n’y en a sans doute jamais eu autant. Mais ce qui manque, à quelques exceptions près, désormais, c’est le conseil, la pédagogie, le rapport humain, celui de la complicité entre un « vendeur » et un « client », celui qui faisait de ce métier ( relisez ce billet écrit il y a un an) l’un des plus beaux du monde, je me suis longuement exprimé sur le sujet il y a un an. Bref, le marché du disque me parait bien triste et terne !

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Mais cela ne veut aucunement dire que les mélomanes sont moins nombreux, au contraire ! C’est ‘ailleurs la principale leçon que je retire de cette année écoulée. Des gens qui veulent écouter la musique, la découvrir, l’approfondir, il y en a partout. Quand j’observe le nombre de nouvelles têtes qui viennent s’ajouter à mes classes et à mes conférences, et que je parle avec eux, ils me déclarent leur envie d’aller vers la musique, d’en approfondir la connaissance et le ressenti. Cela me réjouit profondément. Car cela rencontre parfaitement mes objectifs et le travail didactique que j’ai toujours voulu associer à mon ancien métier de disquaire, voilà que les mélomanes viennent le rechercher plus nombreux aux cours, aux concerts commentés et aux conférences. Cela me donne de l’espoir et de la détermination pour l’avenir.

Car mon propos, vous le savez, a toujours voulu s’adresser à tous. Il n’est ni, je l’espère du moins, un nivellement par le bas, ni une vulgarisation simplificatrice des choses de la musique et de l’art, mais une approche active et diversifiée du phénomène musical. Relier une œuvre à son environnement historique, artistique, philosophique,… constitue une manière de se l’approprier pour, in fine, la ressentir plus profondément. En ces temps difficiles, les gens ont besoin de retrouver, à travers l’art, les valeurs fondamentales de l’être humain. Alors, comprendre le monde d’un créateur, c’est faire le pont entre lui et nous. C’est prendre conscience qu’il est aussi un homme et que son art l’exprime. C’est donc en nous que l’œuvre peut encore exister et remplir sa mission… celle de nous enrichir… de nous rendre plus humains! Et c’est toujours pour cela que je me bats. Mes outils sont simplement différents !

Et dans cette nouvelle aventure, je vois beaucoup de portes s’ouvrir… J’en cite quelques unes pour à travers elles remercier ceux qui me font confiance et sans qui j’aurais de la peine à m’épanouir. Ce sont l’OPRL, qui m’offre cette confiance depuis tant d’années en m’invitant à présenter les séances « Écouter la musique », l’ORW qui m’a confié la rédaction des textes de fond pour ses programmes de salle, le Conservatoire royal de Liège qui m’a offert un poste d’enseignement d’Auditions commentées et de Séminaire, visites et concerts, le Concours de piano de Liège qui m’a récemment désigné comme président de son jury, les prestigieuses Grandes Conférences liégeoises qui m’offrent l’opportunité de présenter un exposé en 2014, le Cercle belge francophone Richard Wagner qui m’a donné carte blanche pour rédiger intégralement la Revue anniversaire, l’UTD de Charleroi qui m’a confié deux cours d’Histoire de la musique, l’U3A de Liège qui me donne toute sa confiance depuis plus de vingt ans et où je donne désormais trois cours différents et organise concerts et festival d’été, tous les organisateurs de conférences qui m’invitent pour des cycles de conférences, pour des séminaires ou des exposés ponctuels,…et qui me donnent ainsi l’opportunité de voyager dans toutes les villes de Belgique et de rencontrer les publics les plus divers,… Et puis, les Fnac belges, qui continuent à me faire confiance pour des conférences à Liège (depuis près de vingt ans) et à Bruxelles où nous avons planifié vendredi, justement, hasard du calendrier, un nouveau cycle d’exposés à la Toison d’Or à Bruxelles !

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Bilan plutôt positif donc ! Mais surtout, quel bonheur de travailler dans la passion ! Quelle joie de sentir vibrer tous les auditeurs et les publics aux sortilèges des œuvres musicales. J’espère avoir encore longtemps leur confiance à tous et suffisamment de santé pour mener à bien pendant de nombreuses années toutes ces activités, ce qui me semble être le plus beau métier du monde !