Qui a dit:
« Tous les jours, je travaille, et parfois même la nuit. J’ai la chance énorme, horrible, d’être insomniaque, pour moi le sommeil est une vue de l’esprit. J’attends le sommeil éternel et, profitant de l’instant, je préfère travailler » ?
C’est l’infatigable Aldo Ciccolini, disparu aujourd’hui à l’âge de 89 ans, qui se confiait ainsi à Philippe Cassard dans un récent et émouvant entretien sur France-Musique. Le monde de la musique dans son intégralité lui rend aujourd’hui un hommage amplement mérité. Avec lui, c’est un géant du piano et de la musique qui s’en va.
Il nous restera d’Aldo Ciccolini une abondante discographie, des dizaines d’enregistrements de concerts et l’héritage musical que ses élèves prestigieux, ne citons que Nicholas Angelich souvent en concert à Liège, continueront à véhiculer à travers le monde.
Défenseur de la musique française, certes, Aldo Ciccoloni était surtout un inlassable travailleur au service de « La Musique » au sens le plus général. Une biographie sélective reprise par Wikipédia témoigne de la diversité de son répertoire:
- Isaac Albeniz : Iberia – Enrique Granados : Goyescas (EMI)
- Ludwig van Beethoven : Les 32 sonates pour piano (Cascavelle)
- Mario Castelnuovo-Tedesco : Œuvres pour piano (Phoenix classics)
- Frédéric Chopin : 21 nocturnes (Cascavelle)
- Claude Debussy : Les œuvres pour piano (EMI)
- Edvard Grieg : Pièces lyriques (Cascavelle)
- Leoš Janáček : Œuvres pour piano (Cascavelle)
- Jules Massenet : Œuvre complète pour piano seul et 2 pianos (EMI)
- Franz Liszt : Œuvres pour piano (Années de pèlerinage, Harmonies poétiques et religieuses, Paraphrases…) (EMI)
- Camille Saint-Saëns : Le Carnaval des animaux (EMI)
- Erik Satie : Les œuvres pour piano (EMI)
- Robert Schumann : Carnaval de Vienne – Scènes de la forêt – Grande sonate op. 14 (Cascavelle)
- Déodat de Séverac : L’œuvre pour piano (EMI)
Qui, parmi les mélomanes n’a pas, dans sa discothèque, plusieurs enregistrements du maître?
Merci pour cette passion et cette générosité… et bon sommeil éternel, Maestro Ciccolini!
J’ai connu l’oeuvre d’Aldo Ciccolini via son intégrale Satie il y a bien longtemps. J’étais alors loin de me douter que c’était un artiste complet, capable de s’investir aussi dans des compositeurs aussi différents que Janacek ou Schumann. Et il travaillait encore! Il force le respect.