Un jour… Un chef-d’oeuvre! (15)

Pour que le week-end printanier vous soit doux… malgré le confinement et les tragédies, voici de grands et impérissables romantiques…! Prenez bien soin de vous et des autres!

17a. Caspar David Friedrich, Au Mileu de la journée, 1822.

Caspar David Friedrich (1774-1840), Der Mittag (Midi), 1822.

 

Ludwig van Beethoven (1770-1827), Sonate pour violon et piano n°5 en fa majeur op. 24 nommée « Le Printemps » (1801) interprétée par David Oistrakh (violon) et Lev Oborine (piano).

Printemps

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Victor Hugo (1802-1885),  Printemps tiré du recueil Toute la lyre. 

Avril

Déjà les beaux jours, – la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière,
Les murs enflammés, les longs soirs ; –
Et rien de vert : – à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
– Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose,
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau.

Gérard de Nerval (1808-1855), Avril extrait des Odelettes (1834).