Un jour… Un chef-d’œuvre (199)

Oiseaux, Hommes et Dieux, que tous chantres choisissent
Desormais en leurs sons, Clymene pour sujet !

Jean de La Fontaine, Clymène, Conte, 1671.

François Girardon (1628-1715), Apollon servi par les nymphes, Clymène, la néréide, se trouve en haut à gauche, Château de Versailles.

Gabriel Fauré (1845-1924), À Clymène, mélodie tirée de Cinq Mélodies vénitiennes Op. 58 sur un poème de Paul Verlaine, interprétée par Joyce DiDonato et Julius Drake.

Si vous avez du pain, si moi j’ai un euro, si je vous achète le pain, j’aurai le pain et vous aurez l’euro et vous voyez dans cet échange un équilibre, c’est à dire: A a un euro, B a un pain. Et dans l’autre cas B a le pain et A a l’euro. Donc, c’est un équilibre parfait.

Mais si vous avez un sonnet de Verlaine, ou le théorème de Pythagore, et que moi je n’ai rien, et si vous me les enseignez, à la fin de cet échange-là, j’aurai le sonnet et le théorème, mais vous les aurez gardés.

Dans le premier cas, il y a un équilibre, c’est la marchandise. Dans le second, il y a accroissement, c’est la culture.

Michel Serres

A Clymène

Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,
Chère, puisque tes yeux,
Couleur des cieux,
Puisque ta voix, étrange
Vision qui dérange
Et trouble l’horizon
De ma raison,
Puisque l’arôme insigne
De la pâleur de cygne,
Et puisque la candeur
De ton odeur,
Ah ! puisque tout ton être,
Musique qui pénètre,
Nimbes d’anges défunts,
Tons et parfums,
A, sur d’almes cadences,
En ces correspondances
Induit mon cœur subtil,
Ainsi soit-il !

Paul Verlaine (1844-1896), Fêtes galantes, 1869

Dans la mythologie grecque, Clymène est une Océanide, fille d’Océan et de Téthys. Elle apparaît dans de nombreux récits contradictoires, qui la font :

Épouse du Titan Japet (à la place de Thémis), de qui elle aurait eu Prométhée, Épiméthée, Atlas, ainsi qu’Hespéros et Ménétios selon les sources ; elle est alors confondue avec l’Océanide Asia ;
Épouse de Prométhée et mère de Deucalion ;
Mère de Phaéton et des Héliades, conçus avec Hélios (le Soleil) ;
Mère de Mnémosyne par Zeus d’après Hygin…

Clymène est un conte de Jean de La Fontaine situé dans la Troisième partie des Contes et nouvelles en vers, édité pour la première fois en 1671. Il met en rapport la nymphe marine Climène (avec un « i » au lieu d’un « y ») avec Apollon et les neuf muses. À lire ici.

« À Clymène » est un poème de Paul Verlaine dans le recueil Les Fêtes galantes.

François Girardon (1628-1715), Apollon servi par les nymphes, Clymène (détail).

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