Indécent !

Quand j’étais enfant, il y avait une série télévisée qui s’appelait « L’Homme qui valait trois milliards » ! Je m’étais toujours demandé ce que pouvait bien représenter une somme pareille et comment un homme pouvait avoir non seulement un tel prix, mais surtout un prix… tout simplement ! Je vous invite à relire un billet que j’avais écrit ici même il y a bien longtemps sur le « prix de la vie » .Et bien aujourd’hui, le héros de jadis est largement dépassé… puisque les grands clubs de football d’Europe ont dépensé une somme astronomique dépassant les 2,2 milliards d’euros pour acheter des joueurs ! Et quand on vend ou qu’on achète un seul artiste du ballon rond pour 100 millions d’euros, on dépense plus de quatre milliards d’anciens francs belges. D’accord, le prix de l’homme de la série se chiffrait en dollars… et l’argent belge est obsolète depuis longtemps ! Il n’empêche, la question doit être posée : un homme vaut-il pareille somme?

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Mais ce n’est pas en ces termes qu’il faut raisonner car à ce niveau, tout cela peut nous sembler bien abstrait. Je crois que la vie humaine n’a pas de prix, c’est une première chose. Je crois aussi que le talent doit être récompensé que ce soit dans les arts, le sport ou l’entreprise. C’est d’ailleurs un débat de société très actuel… plein d’hypocrisie aussi. Je crois enfin qu’on ne peut pas décemment offrir de tels montants pour acheter un homme quel qu’il soit.

L’actualité nous montre des paradoxes scandaleux… souvent relayés par la presse de manière surprenante. On juxtapose des reportages complètement antagonistes. Si c’est fait exprès, c’est une ironie qui me plait. Si c’est un hasard, c’est tristement lamentable. Souvenez-vous de ce syndicat espagnol qui volait ouvertement des fournitures scolaires pour les nombreux enfants défavorisés du pays. Je ne cautionne nullement le vol, évidemment, mais je me demande combien de cartables on peut acheter avec les 100 millions d’euros payés par un club de foot… espagnol, lui aussi ! Et puis l’Espagne n’est-elle pas en grandes difficultés avec un taux de chômage galopant et une pauvreté qui fait plus de ravages chaque jour. Je ne parlerai même pas de notre pays aujourd’hui, au moment où les salaires des grands patrons font grand débat !

100 millions ! On peut en aider des gens ! Mais non on investit et on spécule sur des vedettes du foot qui seront adulés, puis on les revendra en faisant, sans doute une plus-value.

 

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Gareth Bale, transféré de Tottenham au Real Madrid pour une somme record de 100 millions d’euros!

Je crois que le monde a perdu le sens des valeurs. Qui a besoin de telles sommes ? Qui a besoin de tant d’argent pour vivre ? Vous me rétorquerez que le joueur ne touche pas cette somme-là. Vous me direz que les clubs payent des taxes énormes. Vous pourrez aussi mettre en valeur le bonheur que ces gens offrent à leur public… Et c’est vrai que les responsabilités sont souvent énormes qu’il il est juste qu’ils soient payés en proportion de leur travail, là n’est pas la question, mais vous ne me ferez pas changer d’avis, dépenser 100 millions d’euros pour un joueur dans un pays qui est en pleine crise et où les gens ne savent plus nourrir leurs enfants, c’est en fait ce qui se cache sous les cartables de leurs enfants, pour moi, c’est indécent !

3 commentaires sur “Indécent !

  1. J’ai toujours retenu que père me disait l’argent est fait pour circuler pas pour être thésauriser…
    Tout le monde parle souvent maintenant de l’être et non de l’avoir !
    La vie contient tout un ensemble de circonstances et d’événements qui n’ont rien à voir avec l’argent et nous en apprennent bien plus sur elle…curieusement elles nous donnent la possibilité d’une richesse intérieure bien plus importante que celle de l’extérieur.
    Mais bon , le pain et le vin sont tout de même bien bons !!

  2. J’ai bien compris que ces 100 millions sont des fonds privés qui ne seraient jamais allé aux pauvres, cher Christian, de même que je me scandalise tout autant pour ces parachutes dorés que l’État paye ou les dépenses inconsidérées en travaux… utiles et inutiles.
    Ce sur quoi je veux insister de manière certes caricaturale, c’est le fait que la vie des uns et des autres ne vaut pas la même quantité d’argent et que cette discrimination, dans d’autres contextes et/ou temps pourrait très bien tourner différemment…!
    Ce qui est triste aussi, c’est qu’à force de parler de millions et de milliards et de montrer, la minute suivante les « pauvres », puisqu’il faut les mettre entre guillemets, on finit par perdre tout discernement… et à générer de l’indifférence.
    Ce n’est donc pas en soi la valeur de Gareth Bale qui m’intéresse, c’est la perte des valeurs. On pourra me dire que le monde a toujours été indécent dans l’Histoire et qu’il y a toujours eu des « pauvres » qui crèvent de faim et des riches qui crèvent d’avoir trop mangé. C’est vrai, mais faut-il pour autant l’accepter comme une fatalité?

  3. Même s’il n’est pas bon de le dire; oui, la vie humaine a un prix. Il suffit pour cela d’arpenter nos cours et tribunaux pour voir à combien on estime la perte d’un être humain, victime d’un accident de voiture ou de travail, voir d’un meurtre ou d’une erreur médicale. Allez dire à un proche d’une victime de l’explosion de Ghislenghien que la vie humaine n’a pas de prix, vous verrez sa réaction…
    Cependant, dans le cas « Bale », il ne s’agit pas d’acheter une vie. Il s’agit d’abord de racheter un contrat (entre Bale et Tottenham) et aussi d’acheter les services d’un joueur dont on espère que ses prestations (directes ou via le marketing ou les produits dérivés) vaudront bien les 100 millions payés.
    100 millions qui ne seraient de toutes façons pas allés aux « pauvres » d’Espagne. Car ces 100 millions sont dépensés par une société privée (le Réal Madrid) qu s’occupe essentiellement de business footballistique. Ces sommes astronomiques, il faut se poser des questions quand c’est l’Etat ou le secteur public en général qui le dépense. Car il y va de l’utilisation du produit de l’impôt et du bien -être commun. ESt-il normal que l’Etat paie des parachutes dorés à des CEO déjà cher payés et pas toujours à la hauteur? Près de 1,2 milliards dépensés pour 2 gares TGV belges? Voilà des questions qui me préoccupent bien plus que la valeur supposée de Mister Bale.

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